Aujourd’hui à Cayenne, la rue Christophe Colomb a été rebaptisée « Rue des Peuples Autochtones, après des demandes datant de plusieurs années par plusieurs associations.

La maire de Cayenne Marie-Laure Phinéa-Horth a donc inauguré en présence du Président du Grand Conseil Coutumier, de Yopotos (Chefs coutumiers), de représentant.e.s d’organisations autochtones et des officiels, la rue des Peuples autochtones.

Délégation autochtone – Crédit Ville de Cayenne

La plaque explicative indique :

« La Rue des Peuples autochtones a remplacé la Rue Christophe Colomb, lequel, le 5 août 1498, longeait pour la première fois les côtes de Guyane, relayé par son capitaine Vicente Yanez Pinzon en 1500. Cette reconnaissance européenne des côtes amazoniennes aura pour conséquence l’extermination de nations amérindiennes, la colonisation et l’esclavage sur les terres guyanaises.

La Rue des Peuples autochtones est une contribution forte de la Ville de Cayenne à la nécessité de réparation de la Mémoire guyanaise dans son ensemble. »

Plaque descriptif de la toute nouvelle « Rue des Peuples autochtones » – Crédit Ville de Cayenne

Ce jeudi 15 octobre 2020, peut être considéré comme une journée historique.

Cet acte symbolique a été accueilli comme un « début » de la part des représentants autochtones qui étaient présents.

En effet, comme l’a rappelé Claudette Labonté, présidente de la Fédération Parikweneh, « c’est tout d’abord à Cayenne » que les Européens et Autochtones de Guyane se sont rencontrés. Ainsi, l’Histoire et l’héritage de cette histoire doivent être davantage visible dans la ville capitale guyanaise, « pourquoi pas un monument au centre de Cayenne? »

La Présidente de la toute nouvelle Organisation des Femmes Autochtones de Guyane (OFAG) Christine Alima, salue également l’initiative et espère qu’elle en impulse d’autres sur tout le territoire guyanais. De plus elle invite a replacer la Femme Autochtone dans l’histoire, notamment dans cette même dynamique, de rebaptiser des rues avec des noms de figures historiques féminines autochtones.

D’autres possibilités ont été également proposées. Dans un communiqué, la Fédération Lokono rappelle qu’elle a proposé en 2019, le nom de certaines figures Arawak-Lokono.

Le Président du Grand Conseil Coutumier explique la position des représentants autochtones. En effet, le terme « Peuples autochtones » utilisé pour baptiser une rue est généraliste comparé aux autres noms de rue qui réfèrent directement à une personnalité ou à une figure historiques données.

Il met en lumière également cette tradition administrative guyanaise qui a privilégié la mise en valeur des figures historiques afro-descendantes au détriment des figures historique autochtones dans les espaces publics.

Le terme « Rue des Peuples autochtones » reste néanmoins « rassembleur » comme il le conçoit.

Cet acte symbolique devrait, selon lui, être un signe qui rassemble la Guyane. Il espère donc, qu’au delà de la dénomination des rues, les discussions autour des « sujets épineux dans le contexte guyanais » comme la restitution des terres et la gestion du foncier rassembleront davantage toutes les composantes guyanaises.

Moment symbolique, inauguration de la « Rue des Peuples autochtones » – Crédit Ville de Cayenne

La publication a un commentaire

  1. My.

    Oui ! C’est un début …
    Un bon
    Cultivons des terres qui rassemblent
    Mayouri

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