La Guyane au festival Climax, éco-mobilisation à Bordeaux

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“L’Amazonie ou le déracinement du monde.”

Du 5 au 8 septembre 2019, la 5 ème édition du festival Climax mobilisera autour des problématiques de l’Amazonie et ses peuples, mais également celles des grandes forêts tropicales dans le monde comme en Mélanésie.
De grandes figures des luttes autochtones seront présentes, telles que le Grand Cacique Raoni d’Amazonie brésilienne, le Chef Papou Mundiya Kepenga de la Papouasie Nouvelle-Guinée, ou encore Casey Camp Horinek, activiste écologique engagée pendant la lutte à Standing Rock.
Au cours des différents ateliers, projections et conférences, l’Amazonie guyanaise sera elle aussi représentée , notamment par la Jeunesse Autochtone de Guyane, le vice-président de l’Organisation des Nations Autochtones de Guyane (ONAG) Alexandre Sommer-Schaechtele, ainsi que par l’écrivaine et historienne Marie Georges Thébia.

“Untɨ, les origines”

Vendredi 6 Septembre 11H – Galeries Sauvages – Darwin, Caserne Niel

La docu-fiction réalisée par le jeune réalisateur et activiste kali’na, Christophe Yanuwana Pierre sera présenté par son frère Ludovic Pierre.
Le film qui retrace le parcours initiatique d’un jeune kali’na de Guyane, de l’embouchure du Maroni aux monts Tumuc Humac, a été primé et a reçu le prix de la Relève lors la 29 ème édition du Festival Présence Autchtone à Montréal.
La narration faite en langue kali’na, et sous-titrée en français, nous invite à suivre les interrogations et l’instrospection d’un jeune autochtone dans la compréhension du monde contemporain.

La forêt, dernier refuge de la liberté?

Vendredi 6 septembre 16H – Hall Basse – Darwin, Caserne Niel
Climax ne peut évoquer l’Amazonie et ses peuples depuis Bordeaux, sans aborder le passé et le rôle majeur de la ville dans la traite négrière. En effet, Bordeaux “porte dans sa mémoire, la responsabilité de la déportation de 150 000 esclaves noirs vers les Amériques de 1672 à 1836”.

Durant cette conférence, Marie Georges Thébia, historienne et écrivaine, nous invitera à une analyse du marronnage en Guyane à travers son roman, “Mon nom est Copena”. Elle montrera “comment le territoire guyanais très peu anthropisé au 18e a permis aux marrons de fuir et surtout de ne pas avoir à retourner dans le système des habitations…”
Par ailleurs, dans un communiqué, le Grand Conseil Coutumier de Guyane, qui représente les peuples amérindiens et bushinenges (noirs marrons) avait rappelé :

“L'Amazonie est le territoire ancestral des peuples Amérindiens. L’Amazonie a servi de refuge au moment de la rébellion face au système esclavagiste. La forêt est bien plus qu’un ensemble d’arbres et d’animaux. Nous y avons, nous peuples Amérindiens et Bushinengé, un attachement particulier au niveau culturel, spirituel, économique.”

"Lutter contre un système prédateur"

Samedi 7 Septembre 9h30 – Hall Basse – Darwin, Caserne Niel
Des campements militants contre les pipelines à Standing Rock, aux mobilisations contre le projet Montagne d’Or en Guyane, les invités s’exprimeront sur les stratégies qui ont été mise en place face aux grands groupes industriels.
Clarisse Taulewali Da Silva, artiste kali’na engagée et Porte parole de la Jeunesse Autochtone, reviendra sur son expérience lors du débat public du Projet Montagne d’Or qui s’est déroulé l’année dernière.
Elle a également participé à la mobilisation devant le consulat du Brésil à Cayenne le 30 juillet dernier, suite à l’assassinat d’un cacique Waiapi par des orpailleurs illégaux dans l’Amapa, région brésilienne frontalière à la Guyane.
Rappelons qu’en Guyane, l’orpaillage illégal est un fléau depuis plus de 30 ans, et qu’il s’est amplifié ces dernières années.

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Clarisse Da Silva - Crédit photo : Alyatuwa Ukupo

“Quels droits pour les écosystèmes et les peuples autochtones?”

Samedi 7 Septembre 11h30 – Hall Basse – Darwin, Caserne Niel
Volet juridique pour continuer, avec cette table ronde, qui réunira des spécialistes des droits autochtones et des droits de la nature.
Alexandre Sommer
, vice-président de l’ONAG, a pu bénéficier d’une formation supérieure en Droit Autochtone à Genève.
L’enjeu du débat sera de mettre en lumière les recours juridiques existants et ceux à imaginer afin de répondre à la crise écologique et aux violations des Droits des Peuples Autochtones.
Il est important de souligner que la France n’a toujours pas ratifié la Convention 169 de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), texte qui contraint entre autre, un état à reconnaitre les Peuples Autochtones en tant que tels, et à leur accorder davantage de pouvoir d’auto-administration.

ATELIER DÉBAT : "La biopiraterie, une forme de colonisation du vivant et des savoirs des peuples autochtones"

Dimanche 8 Septembre – 12H – Village des ONG – Darwin, Caserne Niel

« Les biopirates sont les entreprises, en particulier pharmaceutiques, cosmétiques ou agroalimentaires, ainsi que les instituts de recherche, s’appropriant les savoirs sur la biodiversité sans le consentement des communautés détentrices de ces connaissances et sans partage des bénéfices réalisés grâce leur utilisation. »

Tapo Aloike, jeune étudiant Wayana et membre de la Jeunesse Autochtone de Guyane, exposera pourquoi dans l’affaire Couachi, l’IRD (Institut de Recherche et de Développement) est en situation de biopiraterie.

 

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